Le 2 septembre 1945, des représentants japonais et alliés signent l’acte de capitulation du Japon à bord de l’USS Missouri, dans la baie de Tokyo. Cette cérémonie formalise la fin de la Seconde Guerre mondiale à l’échelle mondiale, près de quatre mois après la défaite de l’Allemagne commémorée en France le 8 Mai.
Par la rédaction de Pirots 2 — publié le 2 septembre 2026
Sur l’USS Missouri, une signature met fin au conflit mondial
Dans la baie de Tokyo, le pont du cuirassé américain USS Missouri devient, le temps d’une cérémonie, le lieu où s’achève officiellement le conflit mondial. Autour du document disposé pour la signature se trouvent les représentants du Japon, des États-Unis et des autres puissances alliées.
Le général Douglas MacArthur préside la cérémonie en qualité de commandant suprême des puissances alliées. Il signe au nom de celles-ci. Le ministre japonais des Affaires étrangères Mamoru Shigemitsu représente l’empereur et le gouvernement du Japon, tandis que le général Yoshijirō Umezu signe pour le quartier général impérial japonais.
Les délégations de plusieurs pays alliés apposent ensuite leur signature. Le choix d’un navire de guerre américain et d’un mouillage situé au cœur de la baie de Tokyo traduit le rapport de forces issu de la guerre du Pacifique. Mais la portée du document dépasse cette seule scène : il consigne l’acceptation des conditions de capitulation et place leur exécution sous l’autorité du commandement allié.
Le 8 Mai marque la victoire en Europe, pas encore la fin mondiale
En France, le 8 mai 1945 demeure la date la plus familière lorsqu’il est question de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle correspond à l’entrée en vigueur de la capitulation militaire allemande et à la victoire des Alliés en Europe.
Cette date clôt le théâtre européen, mais la guerre continue en Asie et dans le Pacifique. Les forces japonaises combattent encore les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni et leurs alliés sur un espace immense. Des territoires restent occupés, des opérations militaires se poursuivent et aucune capitulation japonaise n’a encore été conclue.
Il faut donc distinguer deux échelles historiques :
- 8 mai 1945 : fin de la guerre en Europe après la capitulation de l’Allemagne nazie ;
- 15 août 1945 : annonce radiodiffusée de l’acceptation japonaise par l’empereur Hirohito ;
- 2 septembre 1945 : signature officielle de l’acte de capitulation du Japon.
Même la séquence européenne ne se réduit pas entièrement au 8 mai. Un premier acte de capitulation allemande est signé à Reims le 7 mai, puis une nouvelle signature intervient à Berlin le 8 mai. En raison du décalage horaire, la victoire est commémorée le 9 mai dans plusieurs pays issus de l’Union soviétique.
Ces différences ne remettent pas en cause les commémorations nationales. Elles montrent qu’une guerre menée sur plusieurs continents peut avoir plusieurs dates de fin selon le théâtre militaire, le fuseau horaire, l’acte juridique retenu ou la mémoire du pays concerné.
D’Hiroshima à l’annonce impériale : une décision en plusieurs étapes
L’été 1945 accélère l’effondrement de la position japonaise. Les Alliés publient la déclaration de Potsdam le 26 juillet et exigent la capitulation du Japon. La bombe atomique est larguée sur Hiroshima le 6 août, puis sur Nagasaki le 9 août. Entre-temps, l’Union soviétique entre en guerre contre le Japon et attaque ses forces en Asie continentale.
Ces événements constituent le contexte immédiat de la capitulation, sans que la décision japonaise puisse être ramenée à une scène ou à une cause unique. Au sein du pouvoir japonais, les discussions portent notamment sur l’avenir de l’institution impériale et sur les conditions imposées par les Alliés.
Le 14 août à Washington, le président américain Harry S. Truman annonce que le Japon a accepté les conditions alliées. Au Japon, la population entend le 15 août la voix enregistrée de l’empereur Hirohito annoncer l’acceptation de la déclaration de Potsdam.
Cette allocution constitue une rupture politique et symbolique décisive. Elle ne remplace cependant pas l’acte signé le 2 septembre. Entre les deux dates, les ordres doivent être transmis, les forces doivent cesser les opérations et les modalités de reddition doivent être organisées sur différents territoires.
Annonce, cessez-le-feu et capitulation ne désignent pas le même moment
L’annonce du mois d’août exprime la décision du Japon d’accepter la capitulation. Le cessez-le-feu correspond à l’arrêt effectif des combats, qui dépend de la réception et de l’application des ordres par des unités dispersées. La signature du 2 septembre donne enfin une forme écrite et officielle aux engagements pris.
Ces étapes ne coïncident pas parfaitement. Des affrontements et des incidents se produisent encore après l’annonce impériale, tandis que les redditions locales s’échelonnent dans différentes régions d’Asie et du Pacifique. Prisonniers, soldats et populations civiles ne vivent donc pas tous la fin de la guerre au même moment.
L’acte signé sur l’USS Missouri confirme notamment l’acceptation des dispositions de la déclaration de Potsdam. Il prévoit la capitulation des forces japonaises et engage les autorités du pays à appliquer les directives du commandant suprême des puissances alliées.
Le 2 septembre n’est pas davantage un traité de paix général réglant immédiatement toutes les conséquences diplomatiques du conflit. Le traité de paix de San Francisco sera signé en 1951 et entrera en vigueur en 1952. La capitulation militaire, l’arrêt des combats et la normalisation juridique appartiennent ainsi à des temporalités distinctes.
L’acte conservé aux Archives nationales américaines
Les Archives nationales des États-Unis présentent l’exemplaire américain de l’acte de capitulation du Japon parmi les documents marquants de l’histoire du pays. Leur notice identifie la date du 2 septembre 1945, l’USS Missouri et la baie de Tokyo.
Le document permet d’observer la matérialité de la capitulation : les engagements écrits, l’ordre des signatures et les fonctions des représentants. Douglas MacArthur n’y apparaît pas comme le chef d’un seul pays, mais comme le commandant suprême chargé de recevoir la capitulation au nom des puissances alliées.
Cette pièce d’archives aide aussi à comprendre pourquoi le 2 septembre occupe une place particulière dans la chronologie internationale. Le 8 Mai reste en France la commémoration de la victoire sur l’Allemagne nazie. Le 2 septembre correspond, lui, à la formalisation de la capitulation du dernier grand belligérant de l’Axe encore engagé dans la guerre.
Parler de « la » fin de la Seconde Guerre mondiale exige donc de préciser le cadre retenu. En Europe, la date centrale est le 8 mai. Pour l’annonce japonaise et la cessation progressive des hostilités, le mois d’août est déterminant. Pour l’acte officiel qui clôt le conflit à l’échelle mondiale, la référence est le 2 septembre 1945.
Source: National Archives and Records Administration
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Repères documentaires
La chronologie s’appuie notamment sur l’acte de capitulation présenté par les Archives nationales des États-Unis.
- Signature datée du 2 septembre 1945
- Cérémonie organisée à bord de l’USS Missouri
- Lieu identifié comme la baie de Tokyo
- Fonction de Douglas MacArthur replacée dans la cérémonie
- Source
- Archives nationales des États-Unis
- Portée
- Japon et théâtre international du Pacifique
- Mis à jour
- 2026-09-02 08:50
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