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3 septembre 1939 : la guerre bouleverse les familles françaises

Par la rédaction de Pirots 2 — Publié le 3 septembre 2026

Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne, deux jours après l’invasion de la Pologne. Pour les familles françaises, cette décision prolonge une rupture déjà commencée avec la mobilisation générale : des hommes rejoignent leur unité, des couples se séparent et les foyers doivent s’organiser dans l’incertitude. La guerre est déclarée, mais la grande offensive allemande à l’Ouest ne débutera qu’en mai 1940.

Pourquoi la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre

Le 1er septembre 1939, les forces allemandes envahissent la Pologne. L’attaque met à l’épreuve les engagements pris par la France et le Royaume-Uni pour défendre l’indépendance polonaise face à une agression allemande.

Paris et Londres adressent alors des ultimatums à Berlin. L’Allemagne ne retire pas ses troupes. Le 3 septembre, le Royaume-Uni constate le premier l’état de guerre, puis la France fait de même quelques heures plus tard. La chronologie de l’Encyclopaedia Britannica confirme cet enchaînement entre l’invasion du 1er septembre et les déclarations du 3 septembre.

La décision française ne surgit donc pas comme un événement isolé. Elle résulte de l’expansion menée par l’Allemagne nazie en Europe, de l’échec des tentatives diplomatiques pour l’arrêter et des engagements liant les puissances occidentales à la Pologne. Elle marque officiellement l’entrée de la France dans la Seconde Guerre mondiale.

Du 1er septembre 1939 au 10 mai 1940 : les dates à distinguer

Une courte chronologie permet d’éviter une confusion fréquente entre la déclaration de guerre et le début des combats décisifs en France :

  • 1er septembre 1939 : l’Allemagne envahit la Pologne. En France, la mobilisation générale est ordonnée.
  • 2 septembre 1939 : le premier jour de mobilisation met en mouvement les réservistes selon les indications reçues.
  • 3 septembre 1939 : le Royaume-Uni puis la France déclarent la guerre à l’Allemagne après le rejet de leurs ultimatums.
  • Automne 1939-printemps 1940 : le front occidental connaît surtout une période d’attente, malgré des opérations limitées et le déploiement des armées.
  • 10 mai 1940 : l’Allemagne lance sa grande offensive à l’Ouest, notamment contre les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France.

Le 3 septembre n’est donc ni le jour de l’invasion de la France ni celui d’une bataille générale sur son territoire. La France est juridiquement et militairement en guerre, mais ses habitants entrent d’abord dans une période faite de mobilisation, de préparatifs et d’attente.

La mobilisation sépare les familles avant même l’annonce officielle

La déclaration diplomatique devient concrète par les ordres de mobilisation. Les hommes concernés ne partent pas tous au même moment ni vers la même destination : chacun doit suivre les indications de son livret militaire et rejoindre le dépôt ou l’unité désigné. Les gares et les axes ferroviaires jouent un rôle central dans ces départs.

Dans les foyers, l’absence d’un époux, d’un père, d’un fils ou d’un frère impose une réorganisation rapide. Les tâches agricoles, les commerces, les ateliers et les démarches administratives doivent continuer avec moins de bras. Certaines femmes prennent seules en charge des responsabilités jusque-là partagées, tout en s’occupant des enfants et des personnes âgées.

Les conséquences varient fortement selon les milieux sociaux et les régions. Une exploitation rurale privée de plusieurs hommes ne rencontre pas les mêmes difficultés qu’un ménage urbain salarié. La durée de la séparation reste, dans tous les cas, inconnue. Beaucoup se souviennent encore des quatre années de la Première Guerre mondiale, achevée seulement vingt et un ans auparavant.

3 septembre 1939 : la guerre bouleverse les familles françaises

Des territoires frontaliers plus directement exposés

Dans les zones proches de la frontière allemande, la préparation militaire s’accompagne aussi d’évacuations de civils et de mesures de défense passive. Des habitants doivent quitter leur commune, parfois pour être accueillis loin de leur région d’origine. Pour ces familles, la guerre signifie à la fois séparation des mobilisés et déplacement du reste du foyer.

Ailleurs, les changements sont moins spectaculaires mais bien réels : consignes contre les bombardements, occultation des lumières, surveillance des informations et attente du courrier envoyé par les soldats. La guerre entre dans la vie quotidienne avant que les combats terrestres majeurs n’atteignent l’Ouest.

La « drôle de guerre » n’est pas une période de paix

L’expression « drôle de guerre » désigne habituellement les mois compris entre septembre 1939 et mai 1940 sur le front occidental. Elle traduit le contraste entre une guerre officiellement déclarée et l’absence initiale d’offensive terrestre allemande majeure contre la France et le Royaume-Uni.

Cette formule peut toutefois induire en erreur. Des soldats français sont déjà mobilisés et stationnés, notamment derrière la ligne Maginot. Une opération française limitée est menée en Sarre en septembre 1939, tandis que les forces britanniques commencent à s’installer en France. En mer et dans les airs, la guerre n’est pas entièrement suspendue.

Surtout, cette attente occidentale ne correspond pas à la situation de la Pologne. Envahi par l’Allemagne à l’ouest puis par l’Union soviétique à l’est à partir du 17 septembre, le pays subit des combats, une occupation et de lourdes violences. La « drôle de guerre » décrit ainsi une perception française et britannique du front occidental, non l’ensemble du conflit européen.

Une entrée en guerre vécue dans l’incertitude

À l’automne 1939, la population française ignore encore la forme que prendra le conflit. La mobilisation laisse penser que les armées se préparent à une guerre longue, mais l’absence de bataille décisive à l’Ouest entretient une impression d’attente. Les soldats patientent dans leurs positions tandis que leurs proches tentent de maintenir le fonctionnement des foyers.

Le courrier devient un lien essentiel, même lorsqu’il arrive avec retard ou reste soumis au contrôle militaire. Les permissions, lorsqu’elles sont possibles, ne mettent pas fin à l’incertitude. Les familles ne savent ni quand les mobilisés reviendront durablement ni où une offensive pourrait commencer.

Cette situation change brutalement le 10 mai 1940. L’offensive allemande à l’Ouest ouvre une phase militaire entièrement différente, bientôt marquée par la percée, l’exode des civils et la défaite française. Séparer ces trois moments — mobilisation, déclaration de guerre et offensive de mai — permet de comprendre ce que les familles vivent réellement à partir de septembre 1939 : non une invasion immédiate de toute la France, mais une rupture durable de leur quotidien.

Source: Encyclopaedia Britannica

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