Le 18 septembre 1981, l’Assemblée nationale adoptait le projet de loi abolissant la peine de mort en France. Porté par Robert Badinter, garde des Sceaux, ce texte a mis fin à une pratique judiciaire vieille de plusieurs siècles. La loi a été promulguée le 9 octobre 1981, faisant de la France l’un des premiers pays à inscrire cette abolition dans son droit positif.
Ce qui a changé le 18 septembre 1981
Ce jour-là, les députés ont voté l’abolition par 363 voix contre 117. Le texte supprime la peine capitale du Code pénal pour tous les crimes, y compris les plus graves. La guillotine, utilisée pour la dernière fois en 1977, est définitivement retirée du paysage judiciaire français.
Cette décision intervient après des décennies de débats houleux. La France était alors l’un des derniers pays d’Europe occidentale à appliquer la peine de mort. L’abolition marque une rupture avec une tradition punitive ancienne et aligne le pays sur une évolution européenne amorcée dès l’après-guerre.
Le contexte politique et social de 1981
L’élection de François Mitterrand en mai 1981 avait créé une fenêtre politique favorable. Le nouveau président avait fait de l’abolition un engagement de campagne. Robert Badinter, avocat connu pour ses plaidoiries contre la peine de mort, est nommé ministre de la Justice. Il porte personnellement le projet de loi devant le Parlement.
L’opinion publique reste cependant divisée. Selon les sondages de l’époque, une majorité de Français se déclarait encore favorable à la peine capitale pour certains crimes. Le vote du 18 septembre est donc un acte politique fort, qui anticipe une évolution des mentalités plutôt qu’il ne la suit.
Les débats parlementaires
Les discussions à l’Assemblée nationale ont été intenses. Les opposants à l’abolition invoquaient la sécurité des citoyens et la nécessité d’une justice exemplaire. Robert Badinter a répondu par un argument de principe : l’État ne doit pas tuer. Son discours du 17 septembre 1981 reste un moment célèbre de l’histoire parlementaire française.

Le vote final, le 18 septembre, a été acquis grâce à une large majorité de gauche, mais aussi grâce au ralliement de certains députés de droite. Ce vote a été suivi par celui du Sénat, puis par la promulgation de la loi le 9 octobre 1981.
Un héritage qui dépasse les frontières
L’abolition française a eu un retentissement international. Elle a renforcé le mouvement abolitionniste en Europe et au-delà. Dans les années qui ont suivi, plusieurs pays ont emboîté le pas, notamment en Afrique francophone et en Amérique latine.
Aujourd’hui, la France est engagée pour l’abolition universelle de la peine de mort. Elle soutient les initiatives internationales, notamment à l’ONU, et milite pour un moratoire mondial. La date du 18 septembre 1981 est devenue un symbole de cette engagement.
Une évolution des peines
L’abolition de la peine de mort a entraîné une réflexion plus large sur les peines alternatives. La perpétuité réelle, introduite plus tard, est venue remplacer la peine capitale pour les crimes les plus graves. La question de la réinsertion et de la dignité des détenus est devenue centrale dans le débat public.
Ce qu’il faut retenir
- Le 18 septembre 1981, l’Assemblée nationale vote l’abolition de la peine de mort.
- La loi est promulguée le 9 octobre 1981.
- Robert Badinter, ministre de la Justice, est la figure centrale de cette réforme.
- La France est aujourd’hui engagée pour l’abolition universelle.
- Cette date marque un tournant dans le droit et les mentalités.
Pour aller plus loin
Le débat sur la peine de mort n’est pas clos partout dans le monde. En 2026, plusieurs pays continuent d’appliquer la peine capitale. La France, de son côté, poursuit son engagement diplomatique pour convaincre les États réticents. La date du 18 septembre reste un rappel de la possibilité de faire évoluer la justice dans le sens des droits humains.
Source: Assemblée nationale
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Source et verification Sources officielles
Cet article s'appuie sur les archives de l'Assemblée nationale et de Vie-publique.fr.
- Vote du 18 septembre 1981 confirmé par l'Assemblée nationale
- Promulgation le 9 octobre 1981 confirmée par Vie-publique.fr
- Rôle de Robert Badinter documenté
- Source
- Assemblée nationale
- Portée
- France
- Mis à jour
- 2026-09-18 09:06
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